25.07.2006

A Kigali, ce 16 juin 2006...

COLLECTIF DES LIGUES ET ASSOCIATIONS DE DEFENSE DES DROITS DE L’HOMME AU RWANDA

(CLADHO)

 

B.P. 3060 KIGALI

Tél. : (250) 572740   Tél./Fax : (250) 574292

E-mail : cladho@rwanda1.com

 

Agréé officiellement par l’Arrêté Ministériel n° 18/5 de janvier 1994.

Affilié à la FIDH et à l’UIDH

Membre observateur à la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples de l’Union Africaine (U.A).

 

RAPPORT DE LA JOURNEE DE COMMUNICATION SUR LES DROITS DE L’ENFANT A L’OCCASION DE LA COMMEMORATION DE LA JOURNEE DE L’ENFANT AFRICAIN

 

 

 

 

 

                                                                             Juin  2006

 

 

TABLE DES MATIERES

 

 

O. Introduction……………………………………………………………………..3

I. Les activités de la journée………………………………………………………..3

I. 1. Mot d’ouverture……………………………………………………………….4

I.2. La protection juridique et judiciaire des enfants……………………………... .4

I.2.1. Bilan des réalisations dans la défense des droits de l’enfant……………...... 4

I.2.2. Les obstacles et les défis…………………………………………………......5

I.2.3. Les stratégies à envisager…………………………………………………….5

I.3. La scolarisation des enfants………………………………………………….....6

I.4. La problématique des enfants travailleurs………………………………….......8

I.5. La problématique de l’émigration des jeunes africains vers l’occident………..11

II. Questions et réponses…………………………………………………………....12

III. Conclusions et recommandations………………………………………………13

IV. Mot de clôture………………………………………………………………….13

 

 

  1. INTRODUCTION

 

On était au nombre de 95 personnes venant de différentes institutions. C’’était au Centre d’Echanges Culturels Franco-Rwandais.

 

 

         La journée du 16 juin est consacrée par l’ONU à l’enfant Africain depuis le massacre des enfants de Soweto, massacre perpétré par le régime d’Apartheid en Afrique du Sud, le 16 juin 1976. Ces enfants participaient directement ou indirectement au combat que menaient les leurs pour la liberté, l’égalité et la dignité humaine dans leurs pays.  Ils réclamaient pacifiquement mais leur revendication a été réprimée dans le sang.  Nombre d’entre eux sont tombés sous les balles des forces de sécurité.

 

                                                                                                          

Cette journée offre aux Africains en général et aux Rwandais en particulier l’opportunité de prendre conscience que tous les enfants ont besoin d’amour et de respect pour s’épanouir pleinement. C’est une journée pour s’émerveiller devant leur individualité et tout ce qu’ils ont à offrir.  Elle donne l’occasion à tout le monde pour célébrer la famille et réfléchir à la façon dont les adultes et les gouvernements influent sur le développement des enfants.  La journée de l’Enfant Africain est donc un  événement spécial pour honorer,  respecter et faire respecter les droits des enfants.

 

En effet, la journée de l’enfant  africain donne aux associations de défense de droits de l’Homme des occasions exceptionnelles de faire écho de leur travail et s’il est opportun, d’éveiller la population et la communauté internationale  sur l’un ou l’autre point.

Elle est  également, pour les associations elles-mêmes, une occasion propice à l’évaluation, une opportunité dont on peut se servir pour remettre les pendules à l’heure et envisager des nouvelles perspectives de collaboration et d’action.

 

Sur ce,  le CLADHO a profité de cette occasion pour mettre à la portée des autres partenaires un cadre d’échange et de réflexion sur les droits de l’enfant Rwandais. Celui-ci a permis aux participants de passer en revue les grandes réalisations  en matière de défense des droits de l’Enfant, l’échange  sur la protection juridique et judiciaire des enfants, la scolarisation des enfants, la situation des enfants travailleurs au Rwanda ainsi que la problématique de l’émigration des jeunes africains vers l’occident.

 

 

I. Les activités de la journée

 

Les activités de la journée étaient  caractérisées par les exposés, les débats et échanges d’idées.  Mais signalons que celles-ci  ont été amorcées par le mot d’ouverture officielle prononcée par Monsieur le Secrétaire Exécutif du CLADHO, Monsieur Silas SINYIGAYA.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

I.1. Mot d’ouverture

 

Après avoir souhaité la bienvenue à  tous les invités, Monsieur le Secrétaire Exécutif du CLADHO a prononcé sur la mission des collectifs des droits de l’Homme laquelle intègre aussi les droits de l’enfant. Ayant esquissé l’historique et le bien fondé de la célébration de cette journée, il a insisté sur le fait que celle-là doit être une occasion de réflexion  sur le rôle des familles, des gouvernements et des ONG nationaux et internationaux quant à la protection et la promotion des droits de l’enfant.  Monsieur le Secrétaire Exécutif a dit également que parmi les droits fondamentaux de ces enfants, l’éducation vient en premier lieu parce qu’elle est le moteur de toutes les autres actions envisageant d’accéder au développement.  De cela, il a demandé que :

-         l’aide à l’éducation primaire soit prioritaire pour que la mission de l’éducation pour tous soit garantie pour tous les enfants en âge de scolarisation ;

-         des programmes soient lancés pour fournir à des enfants qui ont dû arrêter leurs études afin de les poursuivre dans les meilleurs délais ;

-         les gouvernements qui prennent à considérer le 2ème objectif global de MDG (Millenium Development Goal) à tenir compte également de l’éducation primaire des enfants comme priorité indispensable pour ces derniers.

Enfin, Monsieur le Secrétaire Exécutif du CLADHO a sollicité les invités à échanger  sur les expériences vécues en matière des droits de l’enfant pour envisager ensemble des nouvelles perspectives.

Le secrétaire Exécutif a mis fin à son mot d’ouverture en faisant partager aux invités le manifeste du jour « de la conférence international du 16 juin en Belgique » et la lettre de deux jeunes Yaguine Koité  & Fodé Tounkara touvés morts dans le train d’atterrissage d’un avion venant d’Afrique.

 

 

I.2. La protection juridique et judiciaire des enfants (HAGURUKA)

 

 

I.2.1.  Bilan  des réalisations dans la défense des droits de l’enfant

       

L’exposé de HAGURUKA sur la protection juridique de l’enfant a été précédé par une clarification de celui qui est un enfant.  Monsieur NIZEYIMANA Elie qui représentait HAGURUKA nous a parlé que l’enfant s’entend comme tout être humain âgé de moins de dix huit ans, sauf si la majorité est atteinte plutôt en vertu de la législation qui lui est applicable.

Monsieur NIZEYIMANA Elie a montré comment l’historique de l’enfant le considérait comme une personne incapable ainsi que son état de mineur qui ne l’a pourtant pas favorisé quant au respect de ses droits.  Par contre, il a parlé que cet enfant a fait objet de diverses violations de ses droits y compris même ceux fondamentaux.

 

Encore, l’exposé a souligné le rôle des parents, des éducateurs, et les états sur la réglementation internationale, régionale et interne sur les droits des enfants qui reste aussi la base juridique de l’intervention de la société civile en la matière.

En ce qui concerne la protection juridique de l’enfant au Rwanda, Monsieur NIZEYIMANA Elie a dit qu’il n’existe pas encore de code de l’enfant.  Il a dit que les dispositions concernant l’enfant se trouvent dispersées dans diverses lois dont notamment la constitution, le code pénal et le code de procédure pénale, les matières civiles, la loi sur la nationalité et la législation du travail. Enfin, il a dit qu’une loi relative aux droits de l’enfant et sa protection contre les violences a été publiée en 2001.

 

A la fin de l’exposé, Monsieur NIZEYIMANA Elie a dit que malgré tous les instruments relatifs aux droits de l’enfant, des problèmes subsistent et méritent d’être appréhendés par différents intervenants.

Parmi ces problèmes, on peut signaler :

 

I.2.2. Les obstacles et les défis

 

 

Les principaux sont les suivants :

-         certains agents et organes chargés de l’application des lois ne le font pas comme il faut : en particulier la loi sur les droits de l’enfant et sa protection contre les violences de 2001 n’est pas pleinement appliquée surtout en ce qui concerne la sanction des complices dans la violation des droits de l’enfant.  Cas des mariages précoces et forcés qui continuent à être arrangés avec la complicité des parents ou des tuteurs et ces derniers ne sont pas poursuivis ;

-         L’ignorance de la part de la population des droits fondamentaux des enfants.

-         La survivance des mentalités et pratiques coutumières qui font que les enfants ne jouissent pas effectivement de tous les droits qui leur sont reconnus (cas de la succession et de l’éducation des filles) ;

-         La pauvreté de la grande majorité des familles (plus de 60% de la population rwandaise sont en dessous du seuil de pauvreté) ;

-         Trop de violences à l’égard des enfants, surtout les violences domestiques et le viol ;

-         L’irresponsabilité de certains parents notamment à l’égard des enfants naturels alors qu’il y a beaucoup de ménages de fait ;

-         Augmentation du nombre des enfants de la rue suite à cette irresponsabilité des parents et aussi à cause de la pauvreté ;

-         Les enfants chefs de ménages qui n’ont pas de moyens de subvenir à leurs besoins et par conséquent, sont exposés à des abus (surtout abus sexuels chez les filles) ;

-         Propagation du VIH/SIDA et augmentation du nombre d’orphelins.

 

I.2.3. Les stratégies à envisager

 

Pour mieux assurer la protection des droits de l’enfant, les stratégies suivantes peuvent être envisagées :

-         poursuivre les efforts de vulgarisation des lois et de formation des agents chargés de les appliquer ;

-         poursuivre les campagnes de sensibilisation et de conscientisation de la population sur les droits fondamentaux de la personne et particulièrement ceux de l’enfant ;

-         initier des activités génératrices de revenus en faveur des familles à faible revenu et ce, à travers les micro crédits ;

-         renforcer les mesures de protection des enfants contre la violence.  A titre d’exemple, initier une loi sur les violences domestiques ;

-         initier les programmes de prise en charge psychologique et médicale en faveur des enfants victimes de violences ;

-         sensibiliser les jeunes gens à se conformer à la loi au moment de fonder le foyer et encourager les couples concubins à légaliser leurs unions ;

-         encourager l’éducation de tous les enfants et traiter avec le plus de sérieux le problème des enfants de la rue ;

-         prévoir des programmes spéciaux d’assistance aux enfants chefs de ménage ;

-         prévoir la prise en charge des enfants infectés par le VIH/SIDA, y compris les ARV ;

-         renforcer les capacités des institutions et associations qui interviennent dans la promotion et la défense des droits de l’enfant ;

-         renforcer les clubs de droits de la personne qui existent et en créer d’autres ;

-         etc.

 

I.3. La scolarisation des enfants (ARDHO)

 

Cet exposé a été animé par Monsieur GAHIMA Martin le Secrétaire Permanent de l’ARDHO.

Au cours de cet exposé, il a parlé sur la scolarisation des enfants au Rwanda laquelle a été précédée par l’aperçu historique de l’éducation au Rwanda.

 

Quant à l’éducation au Rwanda pendant la période pré-coloniale, il a dit qu’il n’y avait pas d’écoles tel que nous avons aujourd’hui.  Mais cela ne veut en aucun dire que les Rwandais n’avaient pas un mode d’éducation des enfants parce qu’ils avaient leur façon spécifique d’éduquer les enfants selon le sexe.

C’est justement de ce cadre que les garçons étaient regroupés dans les « amatorero » où ils étaient initiés à la scolarisation, à la bravoure et aux valeurs humaines.

Quant aux jeunes filles, elles restaient au foyer familial  où elles étaient initiées aux différentes valeurs susceptibles de faire d’elles de «  bonnes mères de famille » dans l’avenir.

 

Pour ce qui est de l’éducation pendant la période coloniale, l’éducation de l’enfant visait d’abord à faire de jeunes rwandais ses acolytes dans sa mission de répandre le christianisme importé de chez lui.  Elle visait également de intérêts administratifs et politico-économiques raison pour laquelle, elle songea aussi à former ses auxiliaires dans  ces domaines.

 

Ce qu’il faut remarquer quant à l’éducation pendant la période pré-coloniale et celle coloniale, c’est que :

-         l’éducation de la fille a été toujours séparée de celle du garçon ; d’ où une discrimination ;

-         l’éducation pré-coloniale visait à faire du garçon et de la jeune fille des éléments utiles à eux-mêmes, à leurs futures familles et à toute la société rwandaise ;

-         l’éducation coloniale visait à doter des jeunes rwandais des capacités nécessaires à servir les intérêts coloniaux.

 

Quant à l’éducation pendant la période post-coloniale, le domaine de l’éducation a connu des innovations d’ordre quantitatif et peut être qualitatif mais sans pour autant que la politique en matière d’éducation ne change.

Pendant des années, on a continué avoir des écoles pour garçons et des écoles pour filles sous prétexte qu’il y a des matières spécifiques aux garçons et aux quelles les filles ne pouvaient pas s’aventurer (écoles scientifiques).

 

A part la ségrégation basée sur le sexe en matière d’éducation, il y avait également une discrimination ethnique prononcée et ces deux facteurs constituaient de véritables handicaps à l’éducation.

 

Après le Génocide d’Avril 1994, le Gouvernement de l’Union Nationale a mis en vigueur une loi organique laquelle devrait régir tous les textes légaux définissant la politique nationale en matière d’éducation.

 

 

C’est dans ce cadre que la loi organique N° 20/2003 du 3/8/2003 portant organisation de l’éducation, la mission de l’éducation se résume en 8 points suivants :

1.      Former le citoyen libéré de toute sorte de discrimination et de favoritisme ;

2.      Promouvoir la culture de la paix, de la tolérance, de la justice, du respect des droits de personne, de la solidarité et de la démocratie ;

3.      Dispenser à tout rwandais une éducation intégrale basée sur les valeurs éthiques, sur le plan intellectuel, physique, du bien être social et professionnel afin de promouvoir la compétence et la bonne conduite de chacun, la construction du pays pour son développement durable tout en protégeant et se servant de l’environnement ;

4.       Promouvoir la science, la technologie et la recherche ;

5.      Eduquer le rwandais à aimer le travail et à bien le faire, à être assidu et performant ;

6.      Préparer pour le pays des ressources humaines nécessaires et suffisantes à chaque échelon de travail et conformément au degré de développement ;

7.      Développer chez le Rwandais la liberté de penser, l’esprit de créativité, d’acceptation et d’analyse des idées des autres et de communiquer ses propres idées, le patriotisme ainsi que le pousser à s’ouvrir sur le monde ;

8.      Lutter pour l’élimination de toutes les causes et tous les obstacles qui handicapent l’éducation de la femme ainsi que de toute autre personne nécessitant une attention particulière.

 

Après la promulgation de la loi précitée, le constant en est qu’il y eu un changement net en matière de la scolarisation et conformément à la politique nationale dans ce domaine.

A titre indicatif :

- Il n’y a plus de discrimination basée ni sur le sexe, ni sur l’ethnie ou sur quoi que ce soit;

- Il y a une forte sensibilisation à la scolarisation de tous les enfants en âge ;

- Les frais de scolarité ont été supprimés ;

- Le port de l’uniforme est facultatif ;

- Les parents (conseil des parents) participent à l’éducation de leurs enfants ;

- Les effectifs des écoliers ont sensiblement augmenté.

- Etc.

 

Même si des changements positifs sont enregistrés en matière de scolarisation surtout après la promulgation de la loi précitée, il faut quand même remarquer qu’il y a encore des défis à lever.

Ces défis sont notamment :

1.      La pauvreté prononcée de certains parents (qui empêchent les enfants d’aller à l’école pour vaquer aux activités dites d’ordre vital) ;

2.      L’ignorance des parents (qui croient encore que la scolarisation des enfants n’est pas une nécessité) ;

3.      L’insuffisance des infrastructures scolaires et d’enseignants ;

4.      Le manque d’encadrement et de suivi des enfants par leurs parents ;

5.      Les mariages précoces surtout chez les jeunes filles (elles abandonnent l’école pour se marier) ;

6.      Les enfants chefs de ménage tel que les orphelins (qui sont des fois obligés d’abandonner l’école).

7.      Manque de motivation des enfants (dans certains cas) ;

8.      Insuffisance d’assistance du Ministère de l’éducation.

 

 

 

I.4. La problématique des enfants travailleurs au Rwanda

 

L’exposé a commencé par la mise en  évidence de certains concepts comme « le travail des enfants » qui fait référence à des travaux susceptibles de :

·        Nuire à la santé et au développement physique, mental, moral ou social des enfants ;

·        Compromettre leur éducation :

v     En les privant de toute scolarisation ;

v     En les contraignant à abandonner prématurément l’école ou ;

v     En les obligeant à cumuler les activités scolaires et professionnelles, cette dernière étant trop longue et lourde pour eux.

 

Quant aux «  pires formes de travail des enfants », le conférencier a dit qu’il s’agit :

o       Toutes les formes d’esclavage telles que vente et traite des enfants, la servitude pour dettes, travail forcé ou obligatoire des enfants dans les conflits armés ;

o       Utilisation, recrutement ou l’offre d’un enfant à des fins de prostitution, production du matériel pornographique ;

o       Utilisation ou l’offre d’un enfant aux fins d’activités illicites (production et trafic des stupéfiants) ;

o       Travaux qui, par leur nature ou les conditions dans lesquelles ils s’exercent, sont susceptibles de nuire à la santé ou à la moralité de l’enfant.

 

Le conférencier a continué en évoquant la particularité du Rwanda en ce qui concerne les enfants travailleurs, il a montré que 352 550 cas s’enregistrent dans différentes formes comme :

-         travail domestique ;

-         agri/élevage (plantation de riz, thé, cannes à sucres, transport des pommes de terre, bergers, pêche) ;

-         carrières (extraction de sables, moellons, coltan, briqueteries) ;

-         exploitation (sexuelle, vente illicite).

 

Enfin, le conférencier a fini  en dégageant certains programmes à mettre en œuvre pour éliminer le travail des enfants :

v     prévenir le recrutement d’enfants dans les pires formes de travail des enfants ;

v     soustraire les enfants engagés dans les pires formes du travail des enfants ;

v     garantir la réadaptation et la réinsertion sociale de ces enfants.

 

I.5. La problématique des enfants domestiques au Rwanda

 

Ce thème a été exposé par Monsieur Silas SINYIGAYA, le Secrétaire Exécutif du CLADHO, qui a présenté ce travail en ces mots :

 

Le travail domestique des enfants est une des formes de travail infantile les plus difficiles à aborder et à combattre, de part ses caractéristiques. Il est en effet souvent  caché derrière les murs de la maison et peut relever d’une des pires formes de travail des enfants définies par le programme international pour l’abolition du travail des enfants de l’organisation international des enfants. Cette question doit donc être abordé de manière prudente et intelligente car elle est sensible dans de nombreuses sociétés, notamment au Rwanda où très peu de projets s’intéressent à cette question épineuse. Pourtant, la situation commence à changer et il est temps de porter ce problème sur le devant de la scène du développement social et humain duquel dépend l’avenir de toute la société.

 

Le Secrétaire Exécutif du CLADHO, a essayé d’expliquer en bref, ce que le CLADHO en collaboration avec l’ADPM ont fait dans ce domaine.

 

 

Depuis 2002, le CLADHO et l’ADPM ont ouvert un programme « Droits de l’Enfant ». Plusieurs projets ont été initiés, essentiellement en faveur de droit à l’éducation, dont le projet en faveur des enfants domestiques « le projet d’amélioration du niveau de qualité de vie des enfants domestiques de Kicukiro ».

 

L’initiative est partie du constat que la question des droits de l’enfant est un sujet encore peu abordé au Rwanda, et particulièrement difficile à discuter pour des raisons diverses.

Le projet ne cherche pas à éliminer ou retirer directement les enfants de leur emploi, mais à améliorer leurs conditions de vie d’enfants domestiques.

 

Ce projet est un projet pilote, càd qu’il est utilisé comme un test dans un domaine encore très peu exploré au Rwanda. Il ne concerne qu’un petit groupe d’enfants de l’un des quartiers de Kigali. Il s’agit, à travers ce projet, de voir ce qui pourrait être fait à plus grande échelle et les réalisations suscitées par une telle initiative.

 

Les enfants suivent trois cours d’une heure et demie par semaine, entre 14h et 15h30’. Ces cours sont composés de deux parties : une partie «  alphabétisation »        ( lire, écrire et compter) et une partie « sensibilisation », consacrée à des discutions sur l’hygiène, l’alimentation, les techniques agricoles, les droits de l’enfant, la prévention sur le VIH/ SIDA, etc.

 

Le projet en bref

 

Le projet « TUJIJUKE » a commencé en 2004, dans l’ancien district de la Ville de Kigali « Kicukiro ». Le projet a débuté avec un nombre de 25 à 30 enfants et avait comme objectif de faire le plaidoyer pour améliorer le niveau de qualité de vie des enfants domestiques du district de Kicukiro (Ville de Kigali).

 

CLADHO a pu rassembler ces enfants « domestiques » pour leur apprendre à lire et à écrire, les sensibiliser aux droits de l’homme en général et aux droits de l’enfant en particulier, leur apprendre la culture générale, etc.

 

            La première phase du  projet TUJIJUKE a pris fin  en mai 2005, et nous sommes en 2ème phase du projet.

 

Objectif global :

 

  Améliorer le niveau de qualité de vie des enfants domestiques.

 

 

Objectifs spécifiques :

 

v    Sensibiliser les employeurs, les leaders communautaires et  la population en général sur les conditions de vie des enfants domestiques ;

 

v     Assurer une éducation de base aux enfants domestiques comprenant notamment l’alphabétisation fonctionnelle et leurs droits fondamentaux ;

 

v     Créer un espace ludique et d’expression personnelle aux enfants domestiques.

 

v     Créer une banque de données sur le problème des enfants domestiques bénéficiaires du projet.

 

Dès le début du projet, nous nous sommes assignés les résultats suivants :

 

   Résultats attendus :

 

Ø      Les conditions de vie des enfants domestiques se sont améliorées ;

Ø      Les enfants domestiques savent lire, écrire, calculer et ont des connaissances de base  concernant leurs droits, la santé reproductive, l’épargne, etc.

Ø      Les employeurs prennent conscience des souffrances que subissent les enfants domestiques et s’engagent à les réduire ;

Ø      Les  prestations des enfants domestiques s’améliorent ;

Ø      Des données sur la situation des enfants domestiques du projet sont disponibles.

Ø     Une approche novatrice dans l’amélioration des conditions de vie des enfants  domestiques est mise au point.

 

 

Résultats  atteints

 

·        Les enfants qui n’ont jamais eu la chance d’être au banc de l’école,                                                                                                                    grâce à notre programme, savent lire, écrire et calculer ;

  • Les connaissances de base  concernant leurs droits, apprentissage de la culture générale, la santé reproductive, l’épargne, etc.
  • Les enfants sont devenus plus attentifs aux conseils, plus polis, tiennent à la propreté et à l’ordre, mettent au point un programme et le respectent, ils n’ont plus peur de s’exprimer, ils sont devenus très responsables, ils sont plus gais, épanouis ;
  • Le milieu d’apprentissage est favorable, ces enfants échangent leurs expériences pour la bonne marche de leur travail ;

 

Les employeurs eux aussi se réjouissent de ce programme car ils ont besoin de domestiques de bonne conduite et responsables ; Tous les patrons ont manifesté leur étonnement qu’ils remarquent chez les enfants employés.      

 

Les employeurs ont pris conscience  de l’utilité de ce programme.

 

Bref , les familles sont contentes des changements qu’ils ont remarqués et trouvent que ces changements profitent  aux deux parties.

 

Même si des résultats enregistrés sont  excellents, ce n’est pas du tout facile de convaincre tous les employeurs ou la communauté le bien fondé du projet « améliorer le niveau de qualité de vie des enfants domestiques », il y a toujours des difficultés :

 

 

q       Certains employeurs acceptent d’envoyer leurs domestiques lors de la sensibilisation mais ne le font pas ;

q       Certains employeurs ne veulent pas coopérer, ils ne comprennent pas les objectifs du projet ; 

q       Présence irrégulière de certains enfants (beaucoup d’absents de la part des apprenants)

q       L’abandon des enfants pour diverses raisons, par exemple, le travail de domesticité est un travail instable ;

q       Retard de certains enfants,

q       L’hétérogénéité du groupe (Les enfants n’ont pas le même niveau d’études) ;

q       Forte demande alors que nous disposons de moyens limités 

 

 

Perspectives d’avenir :

 

 Pour diminuer ou rayer toutes ou quelques difficultés, il faut renforcer des sensibilisations; càd travailler en étroite collaboration avec les instances de base, la communauté,…  Avoir des entretiens avec des patrons et des enfants afin de voir ce que chaque partie peut faire pour mener à bien les objectifs que nous nous sommes fixés ;                                                                                 

 

¨      Faire participer d’autres enfants qui ne sont pas des domestiques, mais qui n’ont pas eu la chance d’être au banc de l’école ;

¨      Etendre le projet à d’autres districts de la ville de Kigali en particulier et du pays en général ;

¨      Nous aimerions intégrer  la formation professionnelle ;

¨      Vu que les familles sont contentes des changements  qu’elles ont remarqués et trouvent que ces changements profitent énormément aux enfants et à leurs foyers , les familles sont appelées à coopérer le plus possible c’est-à-dire dans la sensibilisation des autres familles, encourager les enfants et leur  faciliter la tâche pour que ces derniers puissent suivrent le programme.

 

En terminant son exposé, le Secrétaire Exécutif a dit aux participant, que même c’est difficile de travailler dans ce domaine, il faut avoir de l’espoir vu des résultats atteints au cour de cette période, les résultats obtenus doivent nous donner de l’espoir de faire mieux dans les prochains jours et atteindre notre objectif d’améliorer la vie des enfants en général et des enfants domestiques en particulier.

 

Le représentant de l’association des travailleurs domestiques lui aussi a pris la parole, il a expliqué que le travail de la domesticité est un travail très courant dans notre pays mais que beaucoup de personnes l’ignore.

 

 

I.6. La problématique de l’émigration des jeunes africains vers les pays industrialisés

 

Au cours de cet exposé, Monsieur RUTERANA Baudouin a fait connaissance aux participants que le phénomène d’émigration date de longtemps et que les jeunes africains sont les premiers à quitter le continent vers l’occident.

Parmi les raisons faisant que les africains quittent leur continent, celles économiques et politiques sont en premier lieu.  Donc, les crises économiques, les taux de chômage élevés, les violations des droits de la personne, les conflits armés et le manque de services sociaux adaptés comme l’éducation et la santé contribuent beaucoup à l’émigration des jeunes africains vers l’occident.

Ce phénomène d’émigration des jeunes africains cause pas mal des conséquences surtout la perte d’une main-d’œuvre qualifiée d’où la fuite des cerveaux africains en raison de l’émigration.

 Le conférencier a ensuite rappelé aux participants que la question d’émigration a d’abord été sous-estimée par les gouvernements des pays, et qu’elle est, aujourd’hui, très délicate et complexe.  C’est pourquoi cette question mérite d’être envisagée dans un contexte beaucoup plus large que celui au niveau d’un pays ou d’une région, en maîtrisant les véritables causes d’émigration des personnes des régions les plus pauvres ou les moins sécurisés vers les pays industrialisés.

Dans la tentative de trouver réponse à cette question, les pays industrialisés devraient prendre conscience de leur devoir d’aider les pays pauvres à sortir de leur pauvreté et en initiant une politique internationale plus globale qui s’attaquerait aux véritables causes du phénomène.  Cette stratégie devrait inclure aussi celle de la prévention et de la résolution des conflits dans le monde et celle du développement des économies des pays pauvres en vue d’y créer des conditions de vie aussi attractives que celles des pays industrialisés.

Il faut rappeler à nos jeunes que leur vie est en Afrique mais pas en Occident.

 

 

 

II.               Questions et réponses

 

A l’issue des exposés, des échanges et de débats de la Journée, les participants ont procédé à la formulation des questions aux conférenciers de la journée.

 

1. La première question concernait les enfants naturels et orphelins qui réclament les droits patrimoniaux.  La question était de savoir les stratégies à adopter face à ces enfants pour que cette question puisse être soulevée.

La réponse donnée à cette question est que ces stratégies seraient la conscientisation de certains parents en vue d’accepter ces enfants comme leurs propres enfants ainsi que le respect des droits de ces enfants dans toute leur dignité.

 

2. La seconde question visait à savoir quoi faire pour certaines femmes et jeunes filles qui se font avorter suite au vagabondage sexuel.

Le conférencier a fait savoir aux participants que cela est la première violation des droits de l’enfant d’où certains enfants sont privés de leur vie.  Dans de tels cas, il a été rappelé que de telles femmes et filles méritent d’être conscientisées quant au respect du droit à la vie de tous les enfants.Il faudrait également porter à la connaissance aux instances habiletés quand de pareilles violations se produisent.

 

3. Quelles sont les stratégies à adopter pour que les enfants et les parents de la campagne puissent connaître aussi les droits de l’enfant ?

La réponse dite à cette question est la publication des droits de l’enfant à travers les radios, la télévision, les journaux pour que ces enfants sachent en profondeur leurs droits.

 

4. Quelles sont les types de problèmes en rapport avec les droits de l’enfant qui se manifestent le plus souvent ?

Le problème de revendication de paternité des enfants issus des unions libres et concubinage est parmi les problèmes fondamentaux qui sont les plus remarqués.

 

5. Que peut on faire pour que les enfants incapables de poursuivre leurs études suite au manque des fonds puissent aussi y accéder ?

La réponse a été que tous les partenaires locales et internationaux de l’éducation devraient faire à ce que les enfants aient accès à l’éducation.

 

6. Que peut on faire pour que les enfants domestiques puissent aussi avoir accès aux études ?

Il faudrait alléger les travaux des domesticités et chercher comment ces enfants puissent aussi avoir accès à l’éducation de base.

 

III.             CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS

 

A l’issu des exposés et débats, tous les participants à la journée de communication sur les droits de l’enfant n’ont pas caché le sentiment de promouvoir et défendre les droits de l’enfant. C’est pourquoi, ils ont émis des recommandations suivantes pour que cette promotion et défense des droits de l’enfant puisse être objective.

 

Parmi ces recommandations, on peut citer :

-         le fait de financer les initiatives des élèves dans les écoles ;

-         encourager les conférences débat dans les écoles, conférences qui traitent sur les problèmes fondamentaux de la jeunesse rwandaise entre autre, le SIDA, la culture, la technologie, etc ;

-         augmenter le montant que MINALOC octroie aux enfants incapables de se payer les frais scolaires ;

-         encourager  tous les partenaires de l’éducation à mobiliser les fonds pour les études ;

-         mettre sur pied le code de l’enfance au niveau du parlement ;

-         faire connaître les enfants et les parents leurs droits à travers les médias et les presses écrites ;

-         sensibiliser toute la population à la promotion et la défense des droits de l’enfant.

-         Voir comment mettre en place une loi qui protège les enfants domestiques,

-         Mettre en place un statut des enfants travailleurs

 

 

IV. MOT DE CLOTURE 

 

Dans son allocution, Monsieur le Secrétaire Exécutif du CLADHO Silas SINYIGAYA a salué

les efforts de toutes les organisations de la société civile ainsi que gouvernementaux oeuvrant dans le domaine des droits de l’homme. Il a encore rappelé que ces organisations ne doivent plus croiser les bras parce qu’ils ont encore beaucoup à faire pour que les enfants rwandais puissent bénéficier de leurs droits. Cette mission est possible au moment où ces organisations auront à prendre en considération toutes les stratégies efficaces pour que la population sache de quoi faire pour protéger les enfants. Avant de terminer, son mot de clôture, le Secrétaire a demandé avec insistance, que le parlement doive faire quelque chose pour mettre en place le statut des enfants travailleurs. Parmi les invités on avait l’honneur d’un représentant de la chambre des députés, il nous a promis qu’il va faire la proposition au parlement.  

 

Monsieur le Secrétaire Exécutif a enfin remercié tous les participants d’avoir répondu favorablement à l’invitation qui leur a été donnée ainsi que de mettre en pratique les recommandations ressorties lors de cette journée.

 

17:15 Écrit par Le CLADHO dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |